Le Canada dépose le projet de loi C-41 pour autoriser les demandes anticipées d'aide médicale à mourir et met fin à l'élargissement pour maladie mentale
Le projet de loi sur les mesures de protection permettrait aux adultes de consentir à l'avance après un diagnostic censé leur retirer la capacité de décider, tandis que les provinces et territoires décideraient de l'offrir ou non.
Points clés
- Le gouvernement du Canada a déposé le 27 octobre 2026 la Loi sur les mesures de protection relatives à l'aide médicale à mourir, le projet de loi C-41, qui permettrait aux adultes de consentir à…
- Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a déposé le projet de loi, accompagné de la ministre de la Santé, Marjorie Michel.
- Selon la proposition, un adulte atteint d'une maladie incurable censée supprimer sa capacité de décision pourrait définir à l'avance les circonstances dans lesquelles il voudrait l'aide plus tard.
Le gouvernement du Canada a déposé le 27 octobre 2026 la Loi sur les mesures de protection relatives à l'aide médicale à mourir, le projet de loi C-41, qui permettrait aux adultes de consentir à l'avance à l'aide médicale à mourir après un diagnostic censé leur retirer la capacité de décider par eux-mêmes.
Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a déposé le projet de loi, accompagné de la ministre de la Santé, Marjorie Michel. Fraser a dit que la loi permettrait de respecter les souhaits d'une personne atteinte d'une maladie incurable qui pourrait lui retirer la capacité de prendre cette décision, et qu'elle mettrait aussi fin à l'élargissement prévu de l'aide pour maladie mentale. Il a dit que le gouvernement travaillera avec les provinces et territoires, avec des mesures rigoureuses pour protéger les personnes et garantir que la décision reste volontaire et libre de toute pression externe.
Comment fonctionnerait une demande anticipée
Selon la proposition, un adulte atteint d'une maladie incurable censée supprimer sa capacité de décision pourrait définir à l'avance les circonstances dans lesquelles il voudrait l'aide plus tard. Le gouvernement a donné la maladie d'Alzheimer comme son propre exemple.
Une demande anticipée ne rendrait pas l'aide immédiate ni automatique. Le ministère de la Justice a dit que toutes les conditions d'admissibilité doivent être remplies, que les nouvelles mesures doivent être suivies et que la personne doit éprouver des souffrances intolérables au moment où l'aide est fournie.
Les provinces et les territoires réglementent et fournissent les soins de santé au Canada. Selon le projet de loi, ils décideraient de mettre ou non les demandes anticipées à disposition dans leur territoire.
Fin de l'élargissement pour maladie mentale
Le même projet de loi met fin à un autre changement prévu. Le Canada ne donnera pas suite à l'élargissement prévu de l'aide médicale à mourir aux personnes en raison d'une maladie mentale.
Un comité parlementaire composé de sénateurs et de députés de différents partis a étudié la question et recommandé de ne pas aller de l'avant. Son rapport a été déposé le 17 juin 2026 et il recommandait de modifier le Code criminel pour exclure indéfiniment les personnes dont la seule affection sous-jacente est une maladie mentale.
La ministre de la Santé, Marjorie Michel, a dit que l'aide médicale à mourir soulève des considérations profondément personnelles et complexes, et que l'approche doit respecter l'autonomie personnelle tout en maintenant des mesures solides pour les personnes vulnérables.
Un soutien, et un avertissement sur un système en mosaïque
Le gouvernement a cité les résultats d'une conversation nationale sur les demandes anticipées, publiés en octobre 2025. Ces résultats montraient que 67 à 69 pour cent des Canadiens soutiennent les demandes anticipées après un diagnostic grave ou incurable qui entraînera la perte de la capacité de décision.
Le Québec a agi plus tôt de son côté. En 2024, il est devenu la première et jusqu'ici la seule province à permettre une demande anticipée, avec des limites qui comprennent l'obligation d'identifier un médecin ou un infirmier praticien spécialisé qui accepte d'aider.
Dying With Dignity Canada a critiqué le fait de laisser la mise en oeuvre aux provinces et territoires. Sa directrice générale, Helen Long, a averti que la loi créera au mieux un ensemble disparate de systèmes dans tout le pays et augmentera l'inégalité d'accès, au lieu d'un cadre fédéral commun.
Le bioéthicien de l'Université de Toronto Kerry Bowman a qualifié les directives anticipées de profondément complexes sur le plan éthique et a dit qu'il peut être difficile de prévoir comment la maladie d'une personne évoluera.
Une loi en vigueur depuis 2016
L'aide médicale à mourir est disponible depuis 2016 pour les adultes atteints d'une maladie incurable qui remplissent des conditions strictes, dont des souffrances intolérables et un consentement éclairé, avec le droit de se retirer à tout moment. Lorsque le décès n'est pas raisonnablement prévisible, les mesures actuelles fixent un délai minimal général de 90 jours à partir de la première évaluation.
Le projet de loi C-41 doit encore être adopté par le Parlement. Ses deux décisions sont claires: le consentement anticipé deviendrait possible avec des mesures de protection et des choix provinciaux, et l'élargissement pour maladie mentale n'aura pas lieu.
Chronologie
- 2016L'aide médicale à mourir devient disponible au Canada pour les adultes atteints d'une maladie incurable qui remplissent des conditions strictes, dont des souffrances intolérables et un consentement éclairé, avec le droit de se retirer à tout moment.
- 2024Le Québec devient la première et jusqu'ici la seule province à permettre aux résidents d'autoriser une demande anticipée d'aide médicale à mourir, avec les limites fixées par la province.
- Oct 2025Les résultats d'une conversation nationale sur les demandes anticipées sont publiés, avec un soutien de 67 à 69 pour cent parmi les Canadiens.
- Jun 17, 2026Le rapport d'un comité parlementaire sur l'aide pour maladie mentale comme seule affection est déposé; il recommande de ne pas aller de l'avant et une exclusion indéfinie dans le Code criminel.
- Oct 27, 2026Le gouvernement dépose la Loi sur les mesures de protection, projet de loi C-41, pour autoriser les demandes anticipées avec des mesures de protection et mettre fin à l'élargissement prévu pour maladie mentale.
Sources
- Department of Justice Canada: Canada moves to allow advance requests for MAID with rigorous safeguards
- Global News: What is an advance directive, the principle at the heart of Ottawa's new MAID law
- CNW: Ministers Fraser and Michel to hold media availability on updates to Canada's medical assistance in dying law