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Un accord avec le ministère de la Justice impose des réformes à la police de Lexington, dans le Mississippi

L'accord, annoncé le vendredi 16 octobre, oblige la ville et sa police à annuler les mandats illégaux liés aux amendes, à cesser d'emprisonner les personnes qui ne peuvent pas payer et à former de nouveau les agents aux interpellations, aux fouilles et à l'usage de la force.

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Un accord avec le ministère de la Justice impose des réformes à la police de Lexington, dans le Mississippi

Points clés

  • JACKSON, Mississippi.
  • L'accord impose des changements sur les amendes, les cautions, les interpellations, les fouilles, les arrestations et l'usage de la force.
  • Lexington est une ville rurale, pauvre et à majorité noire, à environ 100 kilomètres au nord de Jackson.

JACKSON, Mississippi. Le ministère américain de la Justice a annoncé le vendredi 16 octobre 2026 un accord avec la ville de Lexington, dans le Mississippi, et avec son service de police, deux ans après que les enquêteurs fédéraux ont conclu que ce service violait de façon habituelle les droits civiques des personnes qu'il contrôle.

L'accord impose des changements sur les amendes, les cautions, les interpellations, les fouilles, les arrestations et l'usage de la force. L'Associated Press a rapporté que le ministère de la Justice avait constaté que la police de Lexington discriminait les personnes noires, recourait à une force excessive et exerçait des représailles contre ses critiques. Le ministère a lui-même déclaré que le service se livre à un schéma ou à une pratique de violations des droits civiques, comme l'indique son rapport de conclusions du 26 septembre 2024.

Une petite ville au taux d'arrestations extrême

Lexington est une ville rurale, pauvre et à majorité noire, à environ 100 kilomètres au nord de Jackson. Le rapport fédéral de 2024 indiquait que les agents ciblaient les personnes noires pour les arrestations, procédaient à des arrestations pour des infractions mineures afin de générer des recettes pour le service, et enfermaient longtemps les personnes qui ne pouvaient pas payer leurs amendes.

Les chiffres des conclusions fédérales sont saisissants. Entre 2022 et 2024, le service a procédé à une arrestation pour quatre habitants, soit plus de 10 fois le taux d'arrestations par habitant de l'ensemble du Mississippi. Le tribunal municipal avait émis des mandats d'arrêt contre plus de 650 personnes, soit environ la moitié de la population de la ville, pour des amendes impayées.

Le ministère de la Justice a ouvert son enquête en 2023, après que des habitants ont accusé les agents d'utiliser des barrages routiers pour cibler les conducteurs noirs, de recourir à une force excessive et d'arrêter des personnes sans justification, entre autres plaintes.

Ce que l'accord exige

Aux termes de l'accord, Lexington et sa police doivent annuler tous les mandats existants pour amendes et frais impayés qui violent la loi, et agir pour effacer les casiers des condamnations illégales fondées sur des amendes. La police ne pourra plus emprisonner des personnes pour des amendes impayées sans vérifier d'abord si elles peuvent payer, une pratique que le ministère de la Justice a jugée contraire au Quatorzième Amendement.

La ville et le service n'auront pas non plus le droit d'appliquer un système de quotas ou d'incitations lié aux interpellations, aux avertissements, aux contraventions, aux arrestations ou aux recettes associées. Les agents recevront une formation approuvée par le ministère de la Justice sur les interpellations, les fouilles, les arrestations et l'usage de la force, et le service devra mettre en place des systèmes de documentation et de contrôle pour que les supérieurs puissent vérifier la légalité de ces actes. La ville modifiera aussi ses règles sur les amendes et les frais, les critères de caution et de remise en liberté, et les conflits d'intérêts.

L'accord dure trois ans. Il peut être raccourci ou prolongé si les deux parties conviennent que la ville et le service ont atteint la conformité, a indiqué le ministère de la Justice.

Pourquoi cela compte

La ministre adjointe de la Justice Harmeet K. Dhillon a déclaré que le ministère soutient les forces de l'ordre locales et se réjouit que la ville ait accepté un accord pour renforcer une police respectueuse de la loi. Le procureur fédéral J.E. Baxter Kruger, pour le district sud du Mississippi, a dit que les réformes visent à corriger les problèmes relevés par l'enquête, à renforcer la confiance du public et à protéger les droits et la dignité de chaque personne.

L'Associated Press a indiqué avoir appelé et écrit vendredi aux responsables de la ville et de la police, sans recevoir de réponse immédiate.

Et maintenant

Le travail passe désormais des constats à la mise en oeuvre. Les responsables fédéraux ont dit qu'ils travailleraient avec la ville et le service pour s'assurer que les violations soient corrigées. Pour les habitants de Lexington, les premiers tests visibles seront concrets : les anciens mandats pour amendes seront-ils vraiment annulés, les gens cesseront-ils d'aller en prison pour des dettes qu'ils ne peuvent pas payer, et le nombre d'arrestations baissera-t-il depuis les niveaux extrêmes documentés par le rapport fédéral.

Chronologie

  1. 2023Le ministère de la Justice ouvre son enquête sur le service de police de Lexington après les plaintes des habitants.
  2. Sep 26, 2024Le ministère de la Justice publie son rapport de conclusions, qui établit que le service se livre à un schéma ou à une pratique de violations des droits civiques.
  3. Oct 16, 2026Le ministère de la Justice annonce un accord à l'amiable imposant des réformes à Lexington et à sa police.

Sources