Saudi Aramco évacue son siège de Dhahran alors que les attaques houthies s'intensifient
Le géant pétrolier public a demandé jeudi à son personnel de quitter son siège de Dhahran et de travailler à distance, sa première évacuation du siège depuis le début de la guerre contre l'Iran, au lendemain d'attaques meurtrières au champ pétrolier de Shaybah et à l'aéroport de Dammam.
Points clés
- Saudi Aramco a demandé à son personnel d'évacuer son siège de Dhahran, dans l'est de l'Arabie saoudite, et de travailler à distance, ont dit jeudi 22 octobre à Reuters six personnes au fait du…
- C'est la première fois qu'Aramco ordonne à son personnel de quitter son siège depuis le début de la guerre contre l'Iran.
- Le complexe de Dhahran est plus qu'un parc de bureaux.
Saudi Aramco a demandé à son personnel d'évacuer son siège de Dhahran, dans l'est de l'Arabie saoudite, et de travailler à distance, ont dit jeudi 22 octobre à Reuters six personnes au fait du dossier. Bloomberg a rapporté le même ordre, citant des personnes proches de la situation qui ont dit que l'évacuation avait suivi une alarme au siège et que les employés avaient été priés de travailler depuis chez eux.
C'est la première fois qu'Aramco ordonne à son personnel de quitter son siège depuis le début de la guerre contre l'Iran. L'entreprise n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaire, et aucun des deux reportages n'a précisé combien de temps durerait l'ordre de travail à distance ni ce qui avait déclenché l'alarme.
Un siège qui pilote le système pétrolier, et qui a été frappé ce mois-ci
Le complexe de Dhahran est plus qu'un parc de bureaux. Il abrite un centre d'opérations qui aide la plus grande compagnie pétrolière du monde à superviser des plateformes à terre et en mer, des raffineries, des terminaux d'exportation et des milliers de kilomètres d'oléoducs, a dit Reuters.
Le siège a été frappé au début de ce mois. Le mardi 13 octobre, un missile a touché un bâtiment administratif du complexe, endommageant les trois derniers étages d'une tour de bureaux et provoquant un incendie limité, avait dit à l'époque le ministère saoudien de l'Énergie. Personne n'a été tué ni blessé dans cette frappe. Trois personnes ayant une connaissance directe du dossier ont dit à Reuters que le feu s'était propagé sur plusieurs étages.
Deux attaques meurtrières mercredi
L'évacuation est intervenue un jour après deux attaques qui ont tué quatre personnes dans l'est du pays. Mercredi 21 octobre, deux personnes sont mortes après que les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté un drone qui tentait de frapper une installation du champ pétrolier de Shaybah, exploité par Aramco, à des centaines de kilomètres au sud-est de Dhahran, a dit le ministère de l'Énergie.
Le soir même, une attaque contre l'aéroport international Roi Fahd de Dammam, à environ 15 kilomètres (9 milles) au nord de Dhahran, a tué deux personnes et en a blessé huit, a dit jeudi l'Autorité générale de l'aviation civile d'Arabie saoudite. Les deux personnes tuées à l'aéroport étaient un citoyen saoudien et un résident indien.
Revendications, interceptions et un marché en baisse
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a dit jeudi avoir intercepté des drones au-dessus de Riyad et de Médine. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a dit dans un discours télévisé que le groupe avait lancé des attaques contre des installations d'Aramco dans la ville de Yanbu, sur la mer Rouge, et contre le ministère saoudien de la Défense à Riyad. Les autorités saoudiennes n'ont pas confirmé ces attaques.
Les combats entre les Houthis et la coalition dirigée par l'Arabie saoudite se sont intensifiés depuis que les Houthis ont avancé vers le détroit de Bab el-Mandeb, le passage maritime à l'embouchure de la mer Rouge. La reprise des combats ces dernières semaines a mis fin à une trêve négociée par les Nations unies en 2022 et ouvert un autre front dans la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Bloomberg a rapporté que le département d'État américain a ordonné au personnel non essentiel et à leurs familles de quitter l'Arabie saoudite en raison de la menace croissante des attaques houthies.
Les marchés ont réagi jeudi. L'indice boursier de référence de l'Arabie saoudite a chuté de 2,5 pour cent après la nouvelle concernant Aramco, selon des données LSEG citées par Reuters, et les prix du pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis mai, sur fond de crainte qu'une escalade ne touche l'approvisionnement en brut depuis la principale région exportatrice du monde. L'Arabie saoudite dit avoir répondu aux attaques par des frappes contre des sites de lancement de missiles et avoir intercepté de nombreux missiles balistiques tirés par le groupe. Le royaume cherche un soutien plus large de ses alliés pour sa campagne, et Washington a jusqu'ici repoussé les efforts saoudiens pour le faire entrer directement dans la guerre contre les Houthis, a rapporté Reuters.
Chronologie
- Oct 13, 2026Un missile touche un bâtiment administratif du complexe du siège d'Aramco à Dhahran, endommageant les trois derniers étages d'une tour de bureaux et provoquant un incendie limité. Aucun mort ni blessé n'est signalé.
- Oct 21, 2026Deux personnes meurent après que les défenses aériennes saoudiennes interceptent un drone visant une installation du champ pétrolier de Shaybah, et une attaque contre l'aéroport international Roi Fahd de Dammam tue deux personnes et en blesse huit.
- Oct 22, 2026Aramco demande à son personnel d'évacuer le siège de Dhahran et de travailler à distance, la première évacuation du siège depuis le début de la guerre contre l'Iran. L'indice boursier de référence de l'Arabie saoudite chute de 2,5 pour cent.