Les procureurs sud-coréens requièrent de nouveau la peine de mort contre Yoon Suk Yeol en appel pour insurrection
Une équipe du procureur spécial a dit à la Haute Cour de Séoul que la perpétuité prononcée en février était trop légère. La cour prévoit deux audiences de plus avant de fixer la date de sentence.
Points clés
- Les procureurs sud-coréens ont de nouveau requis jeudi la peine de mort contre l'ancien président Yoon Suk Yeol, en disant à la Haute Cour de Séoul que la peine de réclusion à perpétuité qu'il a…
- L'équipe est dirigée par le procureur spécial Cho Eun-suk.
- Yoon a déclaré la loi martiale le 3 décembre 2024.
Les procureurs sud-coréens ont de nouveau requis jeudi la peine de mort contre l'ancien président Yoon Suk Yeol, en disant à la Haute Cour de Séoul que la peine de réclusion à perpétuité qu'il a reçue en février pour sa condamnation pour insurrection était trop légère. La demande a été présentée par une équipe du procureur spécial pendant le procès en appel de Yoon. Il s'agit d'une réquisition dans un appel, et non d'un nouveau verdict, et la cour n'a pas encore statué sur l'appel.
L'équipe est dirigée par le procureur spécial Cho Eun-suk. Aju Press, qui transcrit son nom Jo Eun-seok, a rapporté que l'audience s'est tenue devant la division pénale 12-1 de la Haute Cour de Séoul.
De la loi martiale à la perpétuité
Yoon a déclaré la loi martiale le 3 décembre 2024. Un tribunal de première instance l'a condamné à la réclusion à perpétuité en février 2026, huit mois avant cette audience d'appel. Ce tribunal a jugé que les troupes déployées pendant six heures dans l'enceinte de l'Assemblée nationale visaient à paralyser le Parlement et à arrêter des responsables politiques importants. Yoon a déclaré la loi martiale et l'ordre a été levé quelques heures plus tard par un vote de l'Assemblée nationale.
Yoon est accusé d'être le chef d'une insurrection. En droit pénal sud-coréen, les trois seules peines possibles pour le chef d'une insurrection sont la peine de mort, la réclusion à perpétuité et la réclusion à perpétuité sans travail.
L'équipe du procureur spécial a dit que la peine du tribunal de première instance était trop légère et que la pratique consistant à ne pas exécuter la peine de mort ne devait pas être une raison de ne pas la prononcer. Selon Yonhap, un membre de l'équipe a dit qu'il n'y avait aucune raison d'hésiter à prononcer la peine de mort. L'équipe a aussi dit qu'il s'agissait d'un crime impardonnable qui a détruit l'ordre constitutionnel et tenté de faire reculer l'horloge de la Corée de 40 ans. Aju Press a rapporté une déclaration proche de l'équipe, selon laquelle l'insurrection du 3 décembre lancée par Yoon Suk Yeol a brisé tout bon sens et toutes les avancées constitutionnelles.
La défense de Yoon et les autres accusés
Yoon a soutenu que sa déclaration de loi martiale visait à avertir le Parlement contrôlé par l'opposition, face à ses destitutions successives de hauts responsables du gouvernement et à ses tentatives de réduire le budget de l'État.
Les procureurs ont aussi requis des peines plus lourdes pour les coaccusés. Ils ont demandé la réclusion à perpétuité pour l'ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun, 30 ans pour l'ancien commandant du renseignement de l'armée Noh Sang-won et 20 ans pour l'ancien commissaire de l'Agence nationale de police Jo Ji-ho. Ils ont requis 15 ans pour l'ancien chef de la police de Séoul Kim Bong-sik, 12 ans pour l'ancien chef de la sécurité de l'Assemblée nationale Mok Hyun-tae, et 10 ans chacun pour Kim Yong-gun et Yoon Seung-young.
La suite
La Corée du Sud n'a procédé à aucune exécution depuis décembre 1997, et Amnesty International classe la Corée parmi les pays abolitionnistes en pratique. Cette histoire forme le contexte de la réquisition, même si les procureurs ont soutenu qu'elle ne devait pas empêcher la cour de prononcer la peine.
La Haute Cour de Séoul prévoit deux audiences supplémentaires avant de fixer une date de sentence. La déclaration finale de Yoon est prévue jeudi prochain. Selon Aju Press, la cour conclura les débats en trois audiences et fixera une date de sentence après les déclarations finales de Yoon et des autres accusés les 3 et 5 novembre.
Chronologie
- Dec 3, 2024Yoon Suk Yeol déclare la loi martiale. Des troupes sont déployées pendant six heures dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, et l'Assemblée vote quelques heures plus tard la levée de l'ordre.
- Feb 2026Un tribunal de première instance condamne Yoon à la réclusion à perpétuité pour la déclaration de loi martiale.
- Oct 29, 2026Une équipe du procureur spécial requiert de nouveau la peine de mort contre Yoon lors de son procès en appel devant la Haute Cour de Séoul, et demande des peines plus lourdes pour sept coaccusés.
- Nov 5, 2026Les déclarations finales de Yoon et des autres accusés sont prévues les 3 et 5 novembre, après quoi la cour fixera une date de sentence.
Sources
- Korea JoongAng Daily (Yonhap): Special counsel again seeks death penalty for Yoon Suk Yeol in appeal of insurrection conviction
- Aju Press: special counsel seeks death penalty and heavier sentences for co-defendants
- K-VIBE (Yonhap)
- Qazinform: South Korean special counsel seeks death penalty again for former president Yoon