Un accord de 600 MW avec les États-Unis sécurise l’Ontario cet hiver
L’opérateur du réseau ontarien a signé un contrat de six mois pour 600 mégawatts de capacité ferme américaine à partir du 1er novembre, quelques mois après que le premier ministre Doug Ford a menacé de couper les exportations vers le sud.
Points clés
- L’Ontario importera de l’électricité des États-Unis cet hiver dans le cadre d’un contrat de six mois portant sur 600 mégawatts de capacité ferme, a dit l’opérateur du réseau provincial.
- La Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité, connue sous le sigle IESO, a signé le contrat avec Alpha Generation, entreprise basée aux États-Unis.
- L’IESO a dit que la capacité sécurise l’approvisionnement à court terme pour l’hiver pendant des travaux d’entretien dans des centrales.
L’Ontario importera de l’électricité des États-Unis cet hiver dans le cadre d’un contrat de six mois portant sur 600 mégawatts de capacité ferme, a dit l’opérateur du réseau provincial. L’accord arrive quelques mois après que le premier ministre Doug Ford a menacé de couper les exportations d’électricité vers le sud pendant la guerre commerciale avec Washington.
La Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité, connue sous le sigle IESO, a signé le contrat avec Alpha Generation, entreprise basée aux États-Unis. Il commence le 1er novembre 2026 et dure six mois. L’IESO a présenté le contrat dans un communiqué du 1er octobre 2026 et n’a pas révélé sa valeur.
Pourquoi l’Ontario a besoin de cette électricité
L’IESO a dit que la capacité sécurise l’approvisionnement à court terme pour l’hiver pendant des travaux d’entretien dans des centrales. Elle n’a pas nommé les centrales dans le communiqué. CBC a rapporté comme contexte que la remise en état sur plusieurs années de la centrale nucléaire de Pickering a commencé en septembre 2026. Pickering se trouve sur la rive nord du lac Ontario, à l’est de Toronto, et alimente la province depuis des décennies, donc de longs travaux sur place réduisent la marge pendant que les équipes font le travail.
L’IESO a décrit Alpha Generation comme la seule solution viable pour ce besoin. L entreprise a aussi participé à une enchère de capacité passée, le programme que l’opérateur utilise pour obtenir un approvisionnement supplémentaire.
La capacité ferme compte en hiver. C’est un approvisionnement sur lequel l’opérateur peut compter quand la demande monte les jours froids, pas une électricité qui peut être disponible ou non sur le marché ce matin-là.
Un virage net dans le conflit commercial
L’accord suit des mois de déclarations dans le sens inverse. L’Ontario envoie de l’électricité à environ 1,5 million de personnes au Michigan, dans l État de New York et au Minnesota. En mars 2025, Ford a annoncé une surtaxe de 25 pour cent sur les exportations d’électricité vers les États-Unis et l’a retirée un jour plus tard. En août, Ford a dit qu il était prêt à couper l’électricité et les minéraux critiques.
Les critiques ont réagi vite. Jack Gibbons, président de l’Ontario Clean Air Alliance, a qualifié le contrat de « très ironique » et a dit qu’importer de l’électricité rend l’Ontario vulnérable si les États-Unis coupent l’approvisionnement. Lewis Krashinsky, chercheur postdoctoral à Harvard qui étudie la politique entre les États-Unis et le Canada, a dit que le contrat affaiblit la position de Ford. Le bureau de Ford a refusé de commenter dans le reportage de CBC Toronto.
L’Ontario vend encore bien plus qu’elle n achète
L’IESO dit que l’Ontario exporte près de sept fois plus d’électricité qu’elle n’en a importé en 2025. La province importe et exporte régulièrement de l’électricité avec ses voisins pour suivre la demande selon la saison. Les flux montent et baissent avec la météo, la demande et les arrêts de centrales.
Ce bilan explique pourquoi le contrat retient l’attention. L’Ontario ne manque pas d’électricité une année normale. Elle achète une assurance pour un hiver, pendant que des centrales précises sont arrêtées pour travaux et que le froid peut faire monter la demande très vite.
Ce qui vient ensuite
Le contrat commence le 1er novembre 2026 et couvre les mois d’hiver. Il dure six mois, jusqu en avril 2027. Ensuite, le besoin devrait baisser quand l’entretien sera fini, mais l’IESO n’a pas dit dans le communiqué ce qui remplacera cet approvisionnement si les travaux durent plus longtemps.
Deux points sont à suivre. D abord, si l’opérateur cherche plus de capacité importée pour les prochains hivers. Ensuite, si le gouvernement Ford explique un accord qui va contre ses propres menaces de couper l’électricité aux États-Unis. Pour les foyers, le test est simple : que la lumière et le chauffage tiennent pendant les semaines les plus froides, à un prix que la province a choisi de ne pas publier.
Chronologie
- Mar 2025Le premier ministre Doug Ford a annoncé une surtaxe de 25 pour cent sur les exportations d'électricité vers les États-Unis, puis l'a retirée un jour plus tard.
- Sep 2026La rénovation pluriannuelle de la centrale nucléaire de Pickering a commencé, selon CBC, dans le contexte du besoin d'approvisionnement pour l'hiver.
- Oct 1, 2026L'IESO a présenté le contrat d'importation de six mois dans un communiqué.
- Nov 1, 2026Le contrat de 600 mégawatts avec Alpha Generation commence et dure six mois.