Macron dit que les manifestations illégitimes seront interdites alors que la France se prépare à un nouveau week-end de troubles
Le président Emmanuel Macron a dit que les manifestations qui ne sont pas organisées par des groupes comme les syndicats seront interdites dans les prochains jours. Paris et Lyon ont déjà interdit des rassemblements prévus, et des dirigeants syndicaux menacent de grèves reconductibles à partir du 5 novembre.
Points clés
- Le président Emmanuel Macron a déclaré jeudi que les manifestations qu'il a qualifiées d'illégitimes seront interdites en France dans les prochains jours, et il a imputé les émeutes et les…
- Macron s'exprimait après une réunion avec les chefs des services de renseignement et des ministres de premier plan à Paris le 22 octobre.
- "Samedi dernier, nous avons eu des actes politiques et séditieux de groupes d'ultra-gauche dont le but est de faire tomber la République", a dit Macron.
Le président Emmanuel Macron a déclaré jeudi que les manifestations qu'il a qualifiées d'illégitimes seront interdites en France dans les prochains jours, et il a imputé les émeutes et les pillages qui ont frappé les villes françaises le week-end dernier à ce qu'il a appelé des groupes séditieux d'ultra-gauche et à des casseurs.
Macron s'exprimait après une réunion avec les chefs des services de renseignement et des ministres de premier plan à Paris le 22 octobre. Les manifestations organisées par des groupes comme les syndicats resteront autorisées, a-t-il dit, mais elles pourront être déviées vers des itinéraires alternatifs pour protéger les magasins et les entreprises. "C'est pour protéger nos centres-villes", a-t-il dit.
"Samedi dernier, nous avons eu des actes politiques et séditieux de groupes d'ultra-gauche dont le but est de faire tomber la République", a dit Macron.
Paris et Lyon interdisent des rassemblements prévus
Les interdictions ont déjà commencé. Paris a interdit les manifestations dans plusieurs quartiers de la ville jeudi, notamment au Louvre, sur les Champs-Elysées, au palais de l'Elysée, au bureau du Premier ministre et au Sénat. Les autorités municipales ont interdit en particulier une manifestation étudiante qui était prévue jeudi. La police a donné comme raison l'incapacité des organisateurs à éviter des actes de violence lors des rassemblements des 13 et 17 octobre. Les autorités de transport ont quand même fermé des stations de métro du centre de Paris au cas où des rassemblements non autorisés auraient lieu.
À Lyon, le préfet de la région du Rhône a interdit par décret toutes les manifestations dans la ville ce samedi 24 octobre, en citant les événements du 17 octobre, quand les troubles dans la ville ont vu l'office de tourisme incendié.
Les syndicats répondent par un appel à la grève
Les syndicats ripostent. Le principal syndicat étudiant français, l'UNEF, a appelé à des rassemblements samedi, et le mouvement des gilets jaunes, né en 2018 autour des prix du carburant, a déposé des plans pour une marche dans le centre de Paris.
Sophie Binet, secrétaire générale de la confédération syndicale CGT, a dit qu'une grève générale d'une journée appelée pour le 5 novembre devrait se poursuivre jusqu'à ce que le gouvernement cède aux demandes syndicales. Après avoir rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu, Binet a dit que le gouvernement n'avait pas tenu compte de ces demandes et a appelé à généraliser les grèves à partir du 5 novembre. Les syndicats français demandent des hausses de salaires et une hausse des dépenses publiques. Le militant gilet jaune Benjamin Ball a aussi soutenu des grèves reconductibles et a dit que le changement exigerait des grèves, des blocages et des perturbations.
Les commerces du centre de Paris ont commencé à protéger leurs vitrines avec des panneaux de bois au cas où les violences reprendraient, et le groupe de luxe Hermès a dit avoir renforcé la sécurité dans ses magasins français. À Orléans, les autorités se préparent à un week-end tendu, le Rassemblement national, parti d'extrême droite, devant tenir sa réunion annuelle dans le secteur pendant que les syndicats et les groupes de gauche préparent des manifestations.
Un pays tendu, et des marchés attentifs
La France a été frappée le 17 octobre par certains de ses pires troubles urbains depuis des années, en marge de manifestations dans tout le pays sur les coûts de l'énergie, les budgets des ménages et des services publics sous pression. Deux personnes ont été arrêtées pour un incendie criminel contre la mairie de Limoges. Une troisième nuit de couvre-feux locaux s'est déroulée sans incident majeur, ce qui donne au gouvernement un peu de répit avant le week-end.
Les investisseurs sont nerveux. Le rendement des obligations d'État françaises à 10 ans est passé jeudi au-dessus de celui des bons du Trésor américain pour la première fois depuis 2013, et la prime de risque de la France par rapport à la dette allemande s'est creusée à 165 points de base, au plus haut depuis 2011, alors que les marchés soupèsent un budget bloqué et une possible dégradation de la note de crédit dès vendredi.
S'exprimant au Qatar à la fin d'un déplacement dans le Golfe, Macron a appelé la population à garder la tête froide et a répété ses critiques contre les dirigeants étrangers qui ont imputé les émeutes à l'immigration, des propos qu'il a qualifiés de stupides et d'inacceptables.
Chronologie
- Oct 13, 2026Des rassemblements ont lieu à Paris. La police cite ensuite les violences lors des rassemblements des 13 et 17 octobre pour interdire une manifestation étudiante prévue.
- Oct 17, 2026Émeutes et pillages frappent des villes dans toute la France, parmi les pires troubles urbains depuis des années. À Lyon, l'office de tourisme est incendié.
- Oct 22, 2026Macron dit que les manifestations illégitimes seront interdites dans les prochains jours. Paris interdit les manifestations près de sites importants et Lyon interdit toutes les manifestations prévues samedi.
- Oct 24, 2026L'interdiction de toutes les manifestations à Lyon s'applique samedi, tandis que des rassemblements d'étudiants et de gilets jaunes sont prévus ailleurs en France.
- Nov 5, 2026Une grève générale d'une journée est appelée. La dirigeante de la CGT, Sophie Binet, dit qu'elle devrait se poursuivre jusqu'à ce que le gouvernement cède.